MERCREDIS
20:00 - 21:00 JAZZ CHORUS

ÉDITO | 03.06.2020

Volet 4 de ma programmation post confinement avec pour commencer un petit rappel de mercredi dernier et oui une heure c’est trop peu… mais pour l’essentiel, des nouveautés et des rééditions en attente de la musique faite main là sous nos yeux, le manque devient cruel non ? Violons et violoncelles, ils étaient au dîner la semaine dernière, j’ai eu le sentiment d’avoir oublié quelque chose. Pour ceux qui l’ont en tête, peut-être comme moi, note pour note, mais surtout pour ceux qui vont le découvrir, l’œuvre est majeure. Décriée à l’époque, cataloguée jazz cool, mouvance qu’il convenait de bouder aux dires des journalistes bien-pensants, mais quel chef d’œuvre ! En 1961, Eddie Sauter compose et arrange une suite sous le nom de FOCUS, réunis en studio les cordes du Beaux-Arts Quartet, la contrebasse de John Neves, la batterie et surtout les balais de Roy Haynes et le saxophone ténor de celui qui va survoler éperdument les compositions comme un voltigeur « The Sound » Monsieur Stan Getz. Et parce que j’aime de plus en plus le dernier disque de Pat Metheny et pour en finir provisoirement avec les cordes, You are, un autre titre de FROM THIS PLACE avec le dernier en date des gangs du guitariste : Antonio Sanchez, Linda May Han Oh, Gwilym Simcock et l’Hollywood Studio Symphony

Pour un peu de douceur une fois de plus et un zeste d’électricité, le dernier en date des disques des Yellowjackets est toujours un peu coincé dans mes lecteurs d’autant qu’ils ont invité la chanteuse Luciana Souza… Pour conjurer une fois encore le mauvais sort qui plane sur la planète depuis quelques mois, rester pour un titre de plus avec le Brésil et faire que sa douceur chaude, palpable soit un peu avec nous: Flora Purim avec les saxophones de Phil Woods et de Bob Berg pour Nana, l’un de ses tubes.

Changement radical pour la programmation du jour avec un retour ébouriffant à ce jazz électrique que j’affectionne tout particulièrement et qui saura, j’en suis certain vous mettre du baume au cœur et vous donner envie de bouger sur les terrasses… Le 2 juillet 1980, les frères Brecker sont programmés au club Onkel Pö de Hambourg. Ce groupe de jazz-funk fusion populaire et révolutionnaire, formé en 1975, est en pleine tournée européenne. Mouvance musicale majeure mais elle aussi rejetée par une presse de journalistes toujours aussi bien-pensants, les mêmes sans doute qui n’avaient pas compris Coltrane...

" C'était une tournée d'enfer ", se souvient le trompettiste Randy Brecker qui par ces mots officialise l’enregistrement qui n’a rien d’un pirate volé à la sauvette par un amateur anonyme. "Le groupe était une tuerie chaque soir. On jouait ensemble depuis un moment à ce moment-là, nous étions incroyablement soudés. On était tous au sommet de notre art ". Voilà donc la première édition quelque quarante ans plus tard d’un concert témoignage de la tournée, double album qui n’ajoute certes rien à leur aura, il est simplement indispensable pour les fans inconditionnels dont votre serviteur évidemment. Comme si vous y étiez, c’était le titre rituel d’ouverture de concert, comme un indicatif Strap Hangin’ ; les vieux fans de Jazz à Fip s’en souviendront : Inside Out sonnait comme un coup de clairon pour célébrer le rassemblement de la meute des aficionados enfin réunie autour d’une gâterie collective. Les compagnons de route des deux frangins étaient Mark Graig aux claviers, Barry Finnerty à la guitare, Neil Jason à la basse et Richie Morales à la batterie.

J’attends avec une grande impatience l’arrivée dans ma boîte aux lettres du nouveau disque que la saxophoniste Lakecia Benjamin consacre aux musiques d’Alice et John Coltrane. Elle est l’une des musiciennes inscrites pour ce jazz résolument contemporain dont Robert Glasper est peut-être un peu le chef de file, dans cette attente c’est avec la jazzy funky soul music qui est sienne qu’il faut l’écouter..Quatrième playlist du déconfinement, première célébrant la réouverture des bars, des terrasses, des restaurants et de certains lieux de musique avec pour ce soir et dans l’ordre : Stan Getz, Pat Metheny, Yellowjackets invite Luciana Souza, Flora Purim, The Brecker Brothers, Lakecia Benjamin.

CE MERCREDI

Quatrième playlist du déconfinement, première célébrant la réouverture des bars, des terrasses, des restaurants et de certains lieux de musique avec pour ce soir et dans l’ordre : Stan Getz, Pat Metheny, Yellowjackets invite Luciana Souza, Flora Purim, The Brecker Brothers, Lakecia Benjamin

Diplômée du Académie royale danoise de musique à Copenhague, Line Kruse s'installe à France, où ses parents se sont rencontrés, et s'intéresse dès ses débuts aux rythmes et répertoire sud américain. Elle intègre la communauté latino de Paris. Elle participe au Gotan Project1 pendant plusieurs années, avant de développer sa propre écriture. Line Kruse tire le jazz contemporain vers des influences afro-cubaines, argentines et brésiliennes. Ses arrangements font apparaître de forts contrastes, avec des lignes mélodiques puissantes. Elle dirige un big band au violon, instrument rarement utilisé en jazz3. Elle a joué avec Stéphane Chausse, Louis Winsberg, Hervé Samb, Pierre Bertrand, Denis Leloup, le percussionniste argentin Minino Garay, Lukmil Perez, les trompettistes Gerard Presencer et Nicolas Folmer.

INVITATION ALBUM | Eng

INVITATION Line Kruse - Violin, composition, arrangements

​ What if Prokofiev had settle in Cuba and got inspiration from the island's rythm intricaties? Danish-born (and Parisian at heart) violonist and composer Line Kruse has set up for herself the terms of the puzzle, which finds meaning in her own history of voluntary exile. Her fifth album as a leader expose her as a woman of many roots, injecting popular rythm into her own world of musical excellence.

Following the critically acclaimed Hidden Stone with a 19-pieces Brass-filled and violin-led Big Band, INVITATION now evolves around the best in Cuban new jazz scene, with the addition of a 13-piece string section.

The recordings started in La Habana, where the powerful interplay of the Harold López Nussa Trio could only be captured live. Singer Daymé Arocena, young "old soul" discovered by Gilles Peterson, joined in, with breathtaking renditions of freshen-up movie classic Invitation, and brand-new original by Line Kruse, Ahora. Flute master of Irakere fame, Maraca also contributed with heartfelt virtuosity.

A 13-piece string ensemble was directed by arranger Line Kruse in Paris. Combining her classical heritage with a renewed passion for early 20th century composers, she defined a variety of moods rarely heard in today's jazz scene.

Cinematic in many ways, this new collection from violonist composer Line Kruse sets up a new marker in her own history book, going deeper towards her roots, a unique combination of latin jazz and orchestral music.

LINE KRUSE

ÉDITO | 27.05.2020

Volet 3 de cette programmation post confinement et c’est un peu parce que quelques disques tournent éperdument dans mon mange disque que la programmation de ce soir se justifie. Les jazzeux, jeunes et moins jeunes, semblent avoir réussi depuis quelques années seulement leur digestion de la musique classique qui est aussi en eux tout comme les notes bleues, la fusion est désormais complète et les cordes sont les très bienvenues… Violons, violoncelles, quatuors ou orchestres symphoniques au grand complet, ils sont au menu du soir pour magnifier quelques enregistrements récents, très récents ou à venir tout bientôt.

La violoniste Line Kruse évidemment, elle nous a donné cet automne une autre de ses orchestrations latines sophistiquées qu’elle est allé mijoter à Cuba, INVITATION, le disque reprend Ie titre éponyme pour mon plus grand plaisir, l’extrait du soir est lui très cubain avec la flute d’Orlando « Maraca » Valle en entrechat avec le violon de Line. Le nouveau disque que le chanteur Kurt Elling a lui mijoté avec le pianiste Danilo Perez m’a incité à aller réécouter une des compositions du pianiste sur laquelle le chanteur a posé des mots, dans sa vision originale, nous l’avons écouté il y a deux semaines, Across The Crysral Sea est orchestrée par Monsieur Claus Ogerman.

Nouvel extrait de ce disque toujours un peu coincé dans mon lecteur, Noé Sécula pianiste à découvrir urgemment a su magnifier son trio d’un quatuor, le disque s’appelle ETERNITY IN HUMAN FLESH, il arrive en juin et bien malheureusement sans promotion avec une vraie musique en live, mais lorsque nous le pourrons à nouveau, il sera mon invité... Evidement bien sûr, un nouvel extrait encore de ce disque subtil et surprenant, envoutant c’est certain : THE BALLAD OF OPHELIA de la chanteuse et compositrice Ellinoa, ancienne élève au Centre des Musiques Didier Lockwood elle en est désormais aussi l’une des professeurs, c’est dans cette pépinière éblouissante de jeunes talents qu’elle a « pécho » ses compagnons de route et elle aussi devrait passer dans notre studio….

Nous avions presque oublié de l’écouter et pourtant on l’attendait depuis cinq ans. Pat Metheny nous a enfin donné une œuvre nouvelle et singulière même si elle s’inscrit dans la continuité de la voie qu’il a construite depuis plus de quarante ans déjà. Avec son dernier quartet régulier, qu’il a présenté un peu partout en concerts mais qui n’avait pas encore enregistré, il a voulu du plus… Avec Antonio Sanchez, Linda May Han Oh, Gwilym Simcock, l’Hollywood Studio Symphony est dirigé par Joël McNeely, quelques special guests Meshell Ndegeocello, Grégoire Maret et Luis Conte

Petit veinards, ce soir en exclusivité, A World Lost l’un des titres du prochain opus de la très grande compositrice et arrangeuse Maria Schneider à la tête de son very big band, le disque DATA LORDS devrait arriver en juin…

Dans la fratrie Cohen, je voudrais la fille… Son frère ainé Yuval est saxophoniste, Avishai est trompettiste, Anat est l’une des rares spécialistes des clarinettes, instrument finalement peu joué dans le jazz contemporain, une vision originale pour sûr et beaucoup moins « dramatique » du Lonnie’s Lament de Coltrane. Troisième playlist du déconfinement avec pour ce soir et dans l’ordre : Line Kruse, Danilo Perez, Noé Sécula, Ellinoa, Pat Metheny, Maria Schneider, Anat Cohen.

CE MERCREDI

Les jazzeux, jeunes et moins jeunes, semblent avoir réussi depuis quelques années seulement leur digestion de la musique classique qui est aussi en eux tout comme les notes bleues, la fusion est désormais complète et les cordes sont les très bienvenues

Diplômée du Académie royale danoise de musique à Copenhague, Line Kruse s'installe à France, où ses parents se sont rencontrés, et s'intéresse dès ses débuts aux rythmes et répertoire sud américain. Elle intègre la communauté latino de Paris. Elle participe au Gotan Project1 pendant plusieurs années, avant de développer sa propre écriture. Line Kruse tire le jazz contemporain vers des influences afro-cubaines, argentines et brésiliennes. Ses arrangements font apparaître de forts contrastes, avec des lignes mélodiques puissantes. Elle dirige un big band au violon, instrument rarement utilisé en jazz3. Elle a joué avec Stéphane Chausse, Louis Winsberg, Hervé Samb, Pierre Bertrand, Denis Leloup, le percussionniste argentin Minino Garay, Lukmil Perez, les trompettistes Gerard Presencer et Nicolas Folmer.

INVITATION ALBUM | Eng

INVITATION Line Kruse - Violin, composition, arrangements

​ What if Prokofiev had settle in Cuba and got inspiration from the island's rythm intricaties? Danish-born (and Parisian at heart) violonist and composer Line Kruse has set up for herself the terms of the puzzle, which finds meaning in her own history of voluntary exile. Her fifth album as a leader expose her as a woman of many roots, injecting popular rythm into her own world of musical excellence.

Following the critically acclaimed Hidden Stone with a 19-pieces Brass-filled and violin-led Big Band, INVITATION now evolves around the best in Cuban new jazz scene, with the addition of a 13-piece string section.

The recordings started in La Habana, where the powerful interplay of the Harold López Nussa Trio could only be captured live. Singer Daymé Arocena, young "old soul" discovered by Gilles Peterson, joined in, with breathtaking renditions of freshen-up movie classic Invitation, and brand-new original by Line Kruse, Ahora. Flute master of Irakere fame, Maraca also contributed with heartfelt virtuosity.

A 13-piece string ensemble was directed by arranger Line Kruse in Paris. Combining her classical heritage with a renewed passion for early 20th century composers, she defined a variety of moods rarely heard in today's jazz scene.

Cinematic in many ways, this new collection from violonist composer Line Kruse sets up a new marker in her own history book, going deeper towards her roots, a unique combination of latin jazz and orchestral music.

LINE KRUSE

ÉDITO | 20.05.2020

Volet 2 de cette programmation post confinement, sans aucune objectivité et je le revendique, respectant la parité, elle est une certaine actualité que je vous fais partager

Enregistrements récents, très récents ou à venir et souvenirs de concerts et de découvertes, commençons par celles-ci : En mars 2018, lorsque le jazz avait encore droit de cité à l’amphithéâtre de l’opéra de Lyon, la carte était blanche pour le pianiste Fred Nardin qui pour un soir avait en guest une chanteuse belge que je découvrais en direct. Raphaëlle Brochet chante le jazz, elle aime le Brésil mais aussi l’Inde, avec une originalité certaine ses soli singuliers ont aussi digéré les ragas. Souvenir également de mon dernier concert en live… c’était au musée des confluences, le 8 mars dernier ; pour la journée des femmes, la carte était blanche pour la pianiste italienne Rita Marcotulli qui avait dû changer son équipe au dernier moment en raison des restrictions de déplacement naissantes, elle nous faisait découvrir un batteur/percussionniste et chanteur mexicain Israel Valera, ils sont ce soir en duo.

Disques à venir tout bientôt : le pianiste Camille Thouvenot avec son Mettà trio, deux compagnons de grande classe : Christophe Lincontang à la contrebasse et Andy Barron à la batterie. Camille est pianiste, virtuose, inspiré, mais il est aussi un formidable arrangeur, d'une originalité première qui se dit aussi dans chacun de ses développements. La très grande qualité de ses arrangements donne aux standards qu'il sollicite des allures de compositions originales, les siennes, souvent plus “douces” s'y ajoutent avec un grand bonheur.

Autre pianiste, véritable découverte du mois, comme un ovni coincé dans mon mange disque, c’est Noé Sécula. Maturité incroyable, providentielle, d'un gone qui maîtrise évidemment le piano, ses développements harmoniques, mais aussi l'écriture et poser des cordes autour d'un trio jazz, ce n'est pas si facile, beaucoup s'y sont cassé les dents. Les jazzeux semblent avoir réussi depuis quelques années seulement leur digestion de la musique classique qui est aussi en eux comme les notes bleues, la fusion est désormais parfaite. Disciple de Brad Melhdau pour sûr, il est absolument un talent nouveau du panorama jazz, son trio est d'une très belle cohérence avec de jeunes musiciens formés au département jazz de Villeurbanne : Adrien Bernet - batteur et Felipe Silva Mena – contrebassiste.

Michel Fernandez est lui un saxophoniste hors panorama, à la fois rageur et lyrique voir incantatoire, rescapé des aventures d’un jazz qui se revendiquait libre/free ; disciple de John Tchicai mais aussi voyageur infatigable, c’est à Lyon qu’il a posé ses flight cases et a trouvé avec le formidable Magnetic Orchestra une stabilité confortable, réactive, enjôleuse, on ne la fait pas à Benoit Thévenot, François Gallix et Nicolas Serret, Sans Frontière est le troisième album qui les réuni.

Deuxième playlist du déconfinement avec pour ce soir et dans l’ordre : Raphaëlle Brochet, Chick Corea, Rita Marcotulli et Israel Valera, Herbie Hancock invite Chaka Kahn, Raphapëlle Brochet, Camille Thouvenot, Noé Sécula, Michel Fernandez, Dee Dee Bridgewater.

CE MERCREDI

Volet 2 de cette programmation post confinement, sans aucune objectivité et je le revendique, respectant la parité, elle est une certaine actualité que je vous fais partager

En mars 2018, lorsque le jazz avait encore droit de cité à l’amphithéâtre de l’opéra de Lyon, la carte était blanche pour le pianiste Fred Nardin qui pour un soir avait en guest une chanteuse belge que je découvrais en direct. Raphaëlle Brochet chante le jazz, elle aime le Brésil mais aussi l’Inde, avec une originalité certaine ses soli singuliers ont aussi digéré les ragas. Souvenir également de mon dernier concert en live… c’était au musée des confluences, le 8 mars dernier ; pour la journée des femmes, la carte était blanche pour la pianiste italienne Rita Marcotulli qui avait dû changer son équipe au dernier moment en raison des restrictions de déplacement naissantes, elle nous faisait découvrir un batteur/percussionniste et chanteur mexicain Israel Valera, ils sont ce soir en duo.

BIO | Eng

It is very rare that one has the pleasure of meeting a true artist. Raphaelle Brochet’s never ending journey into the world of global performing arts and music has led to her becoming a truly powerful and inspiring performer. Her versatility and dedication to learn have all fed into her unique sound.

Jazz was truly her native language. Raphaëlle was born to musician parents and started her career at the age of 17 by recording an album with Floris Nico-Bunink (Mingus, Billy Holliday) under the label Daybreak. She graduated from the Nantes Conservatory and deepened her knowledge of jazz in Canada, where she received a scholarship from the University of Montreal.

In parallel to her jazz studies, Raphaëlle went to South India for more than 17 years to study Carnatic singing with Sarada Thota and konnakol with Ghatam Govindarajan.

RAPHAELLE BROCHET