Épisode du 29/11/2023

C’est autour de deux nouveaux disques et de quelques souvenirs d’actualité que je propose la sélection du jour.

Pierre Bertand s’offre l’Orchestre Philharmonique de Nice au-devant duquel il pose un trio de haute couture avec ses amis de longue date : le piano d’Alfio Origlio, la contrebasse de Thomas Bramerie et la batterie d’André Ceccarelli. C’est sur le saxophone soprano que Pierre improvise au-dessus de cet écrin de douceurs avec quelques nouvelles compositions et de nouveaux arrangements de thèmes qu’il avait déjà donné pour des formations bien différentes. On le sait évidemment, Pierre a le goût très sûr pour faire vibrer les cordes sensibles, maitrise des émotions orchestrales ; ces pages me font penser un peu à celles de Claus Ogerman qui a souvent offert son écriture pour quelques solistes majeurs comme les frères Brecker, Bill Evans et plus récemment Danilo Perez, mais c’est également avec HOPE une nouvelle occasion de dire encore la grande qualité de l’instrumentiste Pierre Bertrand-Cagnes souvent déchirant.

Et Grégory Privat, pour NUIT & JOUR, il est avec Eric Legnini, le dernier en date des pianistes invités dans ce salon marseillais où trône un magnifique piano de concert. Comme pour treize de ses confrères, la productrice Hélène Dumez lui laisse le champ libre pour ses improvisations du moment. Grégory semble aimé ces solitudes loin des bouillonnements qu’il donne souvent sur scène, pièces de recueillement. C’est du reste comme une constante de ces libres productions, les musiciens deviennent intimistes, recueillis, romantiques, plus proches d’une certaine musique qui rappelle les découvertes que le Groupe des Six, Maurice Ravel, Claude Debussy et quelques autres lançaient à la face du monde au début du XXème siècle. Pour les amoureux du piano une superbe idée de cadeau pour la fin de l’année avec deux coffrets qui réunissent, pour l’instant, ces jazzeux du clavier, dans l’antre de leurs improvisations intimes.

Pour compléter cette évocation d’une certaine actualité, il y aura le souvenir de concerts qu’il ne fallait pas rater : le pianiste Daniel Garcia, l’African Jazz Roots de Simon Goubert et d’Ablaye Cissoko, l’OPHELIA de la chanteuse et cheffe de gang Ellinoa, le cinéma d’Erik Truffaz, pour Les Doigts de L’Homme dans leur formule sur vitaminée, il faudra attendre le disque… et encore une fois le label Edition Records avec le guitariste Rob Luft et la compositrice et arrangeuse Miho Hazama.

Pour les sensibilités du jour:

  • La Strada – Erik Truffaz
  • Endless Summer – Rob Luft
  • Nuit 2 – Grégory Privat
  • The Wave – Ellinoa
  • Cancion del Fuego Fatuo – Daniel Garcia
  • Jour 4 – Grégory Privat
  • Acqua - Pierre Bertrand
  • Goxumbaac - African Jazz Roots avec Sophia Domancich
  • L’alpagueur – Erik Truffaz
  • For J.K. – Pierre Bertrand
  • Abeam - Miho Hazama