Épisode du 12/02/2025
Comme un éventail de quelques nouveautés du disque et des souvenirs de concerts…
Émission Jazz chorus
Souvenirs de concerts avec celui d’une annulation et pour cause... CROSSCURENTS devait réunir le contrebassiste Dave Holand, le saxophoniste Chris Potter et le maître des tablas Zakir Hussain, c’était le 9 novembre, Zakir décèdera le 15 décembre.
Le Docteur T. rêvait de rassembler 5000 doigts pour un concert exceptionnel, il y en aura seulement 40 pour un quartet original : PIANO FORTE réuni sur scène en 322 touches pour 4 pianos et quatre magnifiques pianistes de la scène européenne : Eric Legnini, Bojan Z, Pierre de Bethmann et Baptiste Trotignon.
Piano encore avec un inédit d’Enrico Pieranunzi enregistré en concert à Sienne en 1991 avec Enzo Pietropaoli et Francesco Petreni pour un Yesterdays onirique.
Et de chanteuse, je découvre dans l’actualité, sans doute tardivement, Valérie Graschaire qui propose un beau duo intime avec le pianiste Pierre Brouant et deux invités de marque : Stéphane Belmondo et Manu Codjia. Belle diction, belle technique, beau répertoire, de la sensibilité, de l’émotion et de beaux accompagnateurs, rien d’étonnant finalement puisqu’après recherche, elle est aussi l’épouse du batteur Franck Agulhon qui est le directeur artistique du projet « THIRD STREAM ». Messine de naissance et nancéienne d’adoption et donc plutôt présente dans le grand est, Valérie Graschaire est une musicienne et chanteuse active de la scène de jazz française depuis environ 20 ans. Elle a enregistré plusieurs albums en collaboration avec Franck Agulhon, Diego Imbert, Stéphane Belmondo, Pierre-Alain Goualch, Jean-Yves Jung, Pierre Cocq-Amann… Elle a participé à de nombreux festivals, chanté dans nombre de clubs et sur tout le territoire, à écouter assurément.
Encore un pianiste et compositeur qui avait disparu des radars, Zool Fleischer reforme un trio en retrouvant Marc Bertaux et Frank Aghulon pour « THE FAB THREE ». Pianiste prolifique des année 80-90 cumulant les prestations en trio plus ou moins élargis mais aussi les collaborations multiples et les compositions, il propose avec ce nouvel opus des musiques originales qu’il a composé spécifiquement, que du nouveau… Laurent Brun, pour Jazz Rhône Alpes.com, dit toutes ces émotions à l’écoute de ce CD :
« Un album qui apporte une fraicheur et une nouvelle jeunesse au piano jazz. Non par recyclage de l’ancien pour en faire du neuf, mais par son intemporalité. Il traverse les âges, comme savait le faire si bien Ahmad Jamal qui jouait sur son clavier toutes les facettes de l’histoire du jazz. Un album tout intérieur. Pas de démonstration claquante, pas d’airs clinquants à la mode, pas de référence à la scène actuelle outre atlantique, juste le fruit d’une expérience qui s’enrichit sans cesse. Il y a dans cet album le mystère et la force d’un Monk, la joie et le lyrisme d’un Petrucciani, le classicisme dépouillé d’un Jarrett. Un album qui force la porte de l’intime de son auteur, Zool Fleischer, sans fausse pudeur. Un album ciselé, dont les thèmes demandent plusieurs écoutes attentives, comme ces œuvres littéraires qui distillent leur style patiemment. On alterne entre des morceaux qui groovent et qui swinguent, faits pour la scène (et quelle scène, mesdames et messieurs les programmateurs !) et des morceaux presque susurrés à l’oreille du mélomane, un entre deux. C’est passionnant de bout en bout. Le trio est resserré autour des compositions du pianiste et avance en osmose. On dirait un être en mouvement, organique, une de ces machines à la Royal de luxe, qui confine au mythe et au mystère. Avec un batteur, Franck Agulhon, sorte d’Humair à fleur de peaux, et un contrebassiste, tout de basse profondes et de précision rythmique, Marc Bertaux (Ah, le disque kaléidoscope, avec Michel Pérez, qui a accompagné mon éducation musicale). Les trois font « la paire ». J’entends volontiers quatre, cinq, six instrumentistes, tant la décomposition des mouvements des mains du pianiste démultiplie les possibles. Pour s’en convaincre, je ne citerai qu’une seule pièce, Déesse, admirable de beauté, d’évanescence, qui frise l’éternel et le supra sensible. Décollage réussi. Suis aux anges. Tous les autres titres, je vous les confie dans le court texte qui suit. Le mieux est quand même de les écouter en direct.
Youkaïdi, You can do Youkaïda
Exécuter une danse, heavy dance
A marée basse
Pêcher un Golden Herring
Mais attention au petit grain
Ça peut devenir la looz
Alors, aller se jeter un café noir et goûter un hot bread
Puis Goodbye, se faire la malle
Pour un cinéma
Intérieur
Le Burt, Billie la Bluette, Horace, Bratjic, Ivan le Terrible
Tous ces chers disparus
Chapeau bas, les artistes. »
Et pour le menu de retour du marché:
- Yerterdays – Enrico Pieranunzi
- Over the Rainbow – Valérie Graschaire
- Horace – Zool Fleischer
- Island Feeling – Dave Holland, Chris Potter, Zakir Hussain
- Ivan le Terrible – Zool Fleischer
- Poinciana – PianoForte
- Something in the Rain – Valérie Graschaire invite Stéphane Belmondo
- Bratjic - Zool Fleischer
- Strange Meeting - Valérie Graschaire invite Manu Codjia

