Épisode du 21/05/2025
petite salade de saison
Émission Jazz chorus
Pour le menu du jour, c’est une petite salade de saison que j’ai préparé avec encore quelques nouveautés, l’évocation de concerts en attente de la chaleur de l’été des festivals et quelques-unes de mes pérégrinations…
Deux des plus magnifiques chanteuses de la grande histoire du jazz seront sur la scène de Jazz A Vienne : Dee Dee Bridgewater fait indéniablement partie de l’histoire du festival, elle en est une invitée régulière depuis 1984 et cette année c’est avec son nouveau projet « We exist! », infiniment féminin et engagé qu’elle partagera la scène avec Monty Alexander. Quant à Dianne Reeves, elle n’est pas venue aussi souvent, ses albums personnels, une quinzaine seulement, se font rares depuis « BEAUTIFUL LIFE » paru en 2014 et pourtant… Jetez un œil et une oreille sur leurs prestations à l’occasion du Jazz Day officiel enregistré cette année à Abu Dhabi https://www.youtube.com/live/L...XoDx0Il2ZW2ukdH ; j’ai choisi pour elles, deux des hommages qu’elles ont pu rendre à Ella Fitzgerald.
Kamasi Washington fait partie de ses musiciens devenus célèbres avec la sortie d’un album, pour lui c’était « The Epic » en 2015, le saxophoniste est ainsi devenu imposant, important, attendu. Peut-être parce qu’il dérange encore en jouant une musique qui a absorbé l’ensemble de la Great Black Music y compris celle que l’on a dit « free ». « Fearless Movement », son dernier projet, sera très certainement aussi celui de la tournée mondiale qui démarre en Australie début juin et passera par Vienne.
« PROMISES » est le nouvel album d’Estelle Perrault qui arrive juste avant qu’elle se présente au traditionnel concours de Jazz Vocal de Crest, au centre de la ville à l’heure du thé où, sur les traces de quelques-unes de ses consœurs : Leïla Martial, Cécile McLorrin Salvant, Lou Tavano, Anne Sila, Ellinoa …, la chanteuse qui n’a rien à prouver tentera à son tour de convaincre le jury. Estelle est parfaitement trilingue ce qui lui confère l’avantage absolu de pouvoir chanter principalement en anglais, non seulement avec la prononciation nécessaire mais aussi de comprendre les textes (qui sont souvent les siens) et pouvoir leur donner leur parfaite authenticité, leur âme ; navigant entre tradition et recherches « actuelle », son chant est d’une sensibilité rare. Compositions originales en majorité, textes et musiques, quelques jeunes loups à ses côtés avec les claviers de Rob Clearfield, la basse de Samuel F’hima, la batterie de Théo Moutou et suivant les plages l’alto incisif de Matt Chalk et toujours l’indispensable trompette d’Hermon Mehari.
Au gré des passages dans mon mange disque, j’ai réécouté quelques pianistes et notamment cette musicienne totalement absente des tournées européennes d’été (elle est annoncée en novembre, en Allemagne, Tchécoslovaquie et Ireland) , désolant évidemment, Lynne Arriale puisque c’est elle, enregistre en 1997 une version étonnante du Con Alma de Dizzy Gillespie qui « normalement » se joue sur un tempo enlevé, La Miss se l’approprie sur un tempo dont il faut pouvoir tenir la lenteur avec John Patitucci à la contrebasse et Steve Davis à la batterie et ne jouera le thème qu’à la fin de son improvisation.
Sur « INNER FLIGHT MUSIC », au cornet et aux compositions, Tobias Wiklund et quelques invités avec notamment le Swedish Wind Orchestra pour une toute autre ambiance avec une composition plus « musique classique », et encore une fois de se questionner : y a-t-il vraiment des frontières… ? à chacun sa bonne réponse évidemment.
Il convient de saluer la naissance d’un festival, c’est un peu loin de notre base mais quand même… Jazz & Vin à Puligny-Montrachet les 24 et 25 mai : « Pour cette première rencontre de Montrachet Jazz, nous avons à cœur, avec une équipe dévouée, de célébrer le lien indéfectible entre l'excellence des plus grands vins blancs du monde et l'art du jazz.../… Chaque cuvée raconte une histoire unique, balançant entre la fraîcheur et la complexité, tout comme chaque note de jazz s'enrichit d'influences culturelles, soulignant ainsi un dialogue entre tradition et innovation. », nous dit Astrig Siranossian, fenotte, violoncelliste internationale et programmatrice aussi. Elle a invité quelques musiciens magnifiques avec Paul Lay en trio et en solo, Pierre Bertrand et sa Caja Negra, Ludivine Issambourg avec des invités de prestige comme Sly Johnson et Laurent de Wilde mais aussi le trio SR9 & Kyrie Kristmanson, le Rémy Panossian trio, le trio Django… Une sélection judicieuse à une époque où le mot jazz rassemble des musiques qui n’en sont pas, redonner vie, en pleine lumière, à cet art majeur bien vivant porteur d’oxygène, d’émotions et de plaisirs partagés aussi et boire un vin d’exception évidemment.
Et au fait : Electravoice en diner/concert, chez Mademoiselle Simone à Lyon le 23 mai, et le 9 août pour Parfum de Jazz, qu’on se le dise…
Et pour la salade de saison:
- Interstellar Peace – Kamasi Washington
- Subway Smiles – Tobias Wiklund
- Amad – Caja Negra
- Oh, Lady Be Good! – Dianne Reeves
- Day by Day – Estelle Perrault
- Cotton Tail – Dee Dee Bridgewater
- We Were Once – Estelle Perrault
- Con Alma – Lynne Arriale
- Argos l’Agile – Paul Lay
- Sunshine – Estelle Perrault
- Angel Dust – Ludivine Issambourg

