Épisode du 11/02/2026
Les voix féminines une fois de plus à l’honneur avec deux nouveautés, mais pas que…
Émission Jazz chorus
Je vous ai mainte fois évoqué les pépites du label EDITION Records. Label indépendant anglais fondé en 2008 par le pianiste, compositeur, producteur et photographe Dave Stapleton et le photographe Tim Dickeso. Ils se concentrent sur le jazz actuel évidemment mais aussi sur la musique contemporaine, la musique improvisée puis également sur la musique de chambre dite « classique ». Parmi les artistes maison majeurs qui constituent évidemment le fond de commerce, il y a : Kurt Elling, Mark Guiliana, Gretchen Parlato, Ben Wendel, Lionel Louéké, Chris Potter, Donny McCaslin, Nils Petter Molvaer, Norma Winstone, Dave Holland, John Pattituci… du très très beau linge en vérité. Et notre président se permet évidemment ses propres productions et présentera « QUIET FIRE » le mois prochain. Le contrebassiste Dave Holland fréquente parfois les studios de son Angleterre natale et c’est l’occasion de retrouver les amis restés au pays. Autour des musiques de Kenny Wheeler il cosigne « VITAL SPARK » avec Norma Winstone et le London Vocal Project, lyrisme à fleur de peau garanti.
La chanteuse italienne Maria Pia de Vito déroule à nouveau ses amours brésiliennes avec la complicité de Chico Buarque dont elle adapte les musiques magnifiques dans la langue italienne/napolitaine qui s’avère si proche du brésilien ! La légitimité de l’aventure est certaine et oh combien magnifique ! Il aura fallu attendre un peu plus de deux ans pour déguster et fondre pour ce nouvel album « BUARQUEANA ». Maria Pia de Vito est l’une de mes chanteuses préférées, vous le saviez déjà, de celles qui m’envoie les plus belles émotions de l’âme, elle est définitivement sur mon podium. D’originalité et de personnalité elle est très généreusement pourvue, sa connaissance encyclopédique des voix et son immense technique la distingue définitivement. Elle fait à nouveau appel à ces musiciens/amis/complices : le pianiste gallois Huw Warren, le guitariste qui a grandi au Brésil Roberto Taufic et le percussionniste italien Roberto Rossi. Les voix brésiliennes sont invitées également : pour deux titres Chico Buarque est en studio et pour un seul, c’est la chanteuse Mônica Salmaso qui saisit un micro au coté de Maria Pia. Le merveilleux de ces voix émouvantes est que même si l’on ne comprend pas tous les textes, l’infinie émotion est envoutante, pour les écouter en dirtect il vous faudra sans doute voyager en Italie…
Sortie d’un premier album dans un lieu prestigieux pour Victoria Alexanyan. La jeune chanteuse arménienne réfugiée à Lyon s’offre l’amphithéâtre de l’Opéra de Lyon entourée du quartet régulier du oudiste, flutiste Amin Al Aiedy. De cette amitié/collaboration multi influences est né ce projet « VISHAP » (dragon) qui brasse les cultures et leurs modes ; cette fusion, seul le creuset du jazz semble le permettre avec un réel bonheur. Les troubles majeurs de notre monde sont évidemment les porteurs des influences de leurs musiques originales : l’Arménie dans son histoire et son actualité mais aussi l’Iran, l’Irak, la Palestine… Victoria est historienne, rebelle, engagée, en lutte, la sensibilité, la poésie et le lyrisme n’excluent pas l’explosion et la puissance. Le tandem inventif et vigoureux construit de la chaleur de la contrebasse volubile et ronronnante de Yan Phayphet et de la sensibilité dynamique, inventive et fougueuse aussi de la batterie de Matheo Ciesla sont les fondations inébranlables des accompagnements complices du pianiste Vincent Forestier et bien évidemment du boss Amin qui joue la discrétion en n’apportant que les couleurs qui sont les siennes, de son jazzy oud ou de sa flûte oblique (ney) charmeuse. Victoria chante en français, en arménien, en anglais, sa voix délicate sait être puissante pour ses compositions personnelles ; ses inspirations nous sont devenues un peu familières depuis que Tigran Hamasyan notamment nous les aura offertes à la découverte, à suivre assurément.
Et dans l’actualité du souvenir, il y a cette rencontre presque testamentaire de David Bowie devant le Maria Schneider Orchestra et ce dernier voyage que le batteur Sly Dunbar vient de faire pour rejoindre son complice Robbie Shakespeare.
Autour de quelques nouveautés du genre, des souvenirs aussi:
- People Make the World Go’Round – Monty Alexander / Sly Dunbar / Robbie Shakespeare
- Vishap – Victoria Alexanyan
- When It Rains - Dave Stapleton
- Samba e ammore – Maria Pia de Vito
- Jazzonia – Dave Holland & Norma Winstone
- Désorde nouveau – Victoria Alexanyan
- Samba d’o grande ammore – Maria Pia de Vito
- Will you Walk a Little Faster – Dave Holland & Norma Winstone
- Maninha – Maria Pia de Vito & Chico Buarque
- Nadir – Victoria Alexanyan
- Sue – David Bowie & Maria Schneider
- Recall – Dave Stapleton

